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Les difficultés financières de United Launch Alliance pourraient-elles finalement contraindre ses propriétaires à vendre l’entreprise ?

Mis à jour: 12/09/2026 · 4 min de lecture · 711 mots

Publié: · Dépêche reçue: · Durée de traitement: 1 h 54 min

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Les difficultés financières de United Launch Alliance pourraient-elles finalement contraindre ses propriétaires à vendre l’entreprise ?
Un imposant lanceur sur la plateforme de lancement

Dans le secteur spatial, les entreprises se tournent vers des domaines tels que les satellites, les communications, la robotique et les véhicules spatiaux afin de réduire leur dépendance aux activités de lancement, dont les marges bénéficiaires sont faibles. Au premier semestre 2026, les services de lancement n’ont représenté que 8 % des 12,5 milliards de dollars de revenus de SpaceX, tandis que 5 % provenaient des activités « launch and development » ; le reste des revenus a été généré par Starlink et AI. Au premier semestre 2026, les services de lancement ont constitué un quart des 434 millions de dollars de revenus de Rocket Lab.

À l’inverse, United Launch Alliance (ULA) s’est développée en tant que coentreprise détenue à parts égales (50-50) par Boeing et Lockheed Martin, fondée en 2006, à une époque où elle bénéficiait du soutien public et où la concurrence était limitée. Après le procès intenté par SpaceX en 2014 pour obtenir le droit de participer aux appels d’offres militaires de lancement, le Pentagone a autorisé l’entreprise à y prendre part en 2015. Le fait que SpaceX ait remporté en 2016 son premier contrat prioritaire de lancement militaire a marqué le début du long déclin de ULA.

ULA a commencé à développer la fusée Vulcan pour remplacer Atlas V et Delta IV ; toutefois, la réutilisabilité n’a pas été érigée en priorité dans sa conception. Le premier vol de la fusée a été reporté au début de 2024, avec plus de quatre ans de retard sur l’objectif de 2019. Les retards dans les essais et la certification du moteur BE-4 de Blue Origin, ainsi que l’explosion survenue en 2023 au niveau de l’étage supérieur Centaur, ont encore prolongé le processus. Lors du deuxième vol de Vulcan, en octobre 2024, puis de son quatrième vol, en février dernier, des défaillances similaires ont été observées au niveau de la tuyère d’un propulseur à propergol solide fabriqué par Northrop Grumman. Depuis le dernier incident, la fusée est clouée au sol depuis plus de six mois. ULA vise à faire voler de nouveau Vulcan avec des satellites Amazon Leo à la fin de ce mois, pendant que l’enquête se poursuit ; toutefois, les Forces spatiales américaines n’ont pas encore approuvé la fusée pour les charges utiles militaires.

Le prix des missions de Vulcan est passé de $112 millions à plus de $200 millions. Les bénéfices de Lockheed Martin tirés de ULA ont reculé, passant de $325 millions (2016) à $100 millions (2022). En mai, Boeing et Lockheed Martin ont garanti $500 (millions) pour chacune des facilités de crédit de ULA. Selon Bloomberg, ULA envisage de lever $1,5 milliard.

Les propriétaires de l’entreprise ont tenté de vendre ULA pour environ $5 milliards, mais n’ont pas trouvé d’acheteur ; la valeur potentielle serait aujourd’hui inférieure à $2 à $3 milliards. Blue Origin, Amazon, Northrop Grumman, L3Harris, des sociétés de capital-investissement et AST SpaceMobile figurent parmi les candidats potentiels. ULA dispose d’un carnet de commandes d’environ 80 missions. L’avenir de l’entreprise, dirigée par le nouveau CEO Mark Peller, dépend du vol de retour de Vulcan et de la recherche d’un acheteur capable de développer une fusée réutilisable.

Pourquoi c’est important

Le déclin de ULA ne constitue pas seulement un problème de financement pour une entreprise : il soulève également la question de la manière dont la concurrence évoluera dans le domaine des capacités de lancement militaire des États-Unis. Le fait que Vulcan ne soit pas autorisée pour les missions militaires tant que ses problèmes techniques ne sont pas résolus apparaît comme la principale incertitude empêchant le carnet de commandes d’environ 80 missions de l’entreprise de se traduire immédiatement en revenus. La hausse du coût par lancement et les garanties de crédit accordées par les propriétaires montrent que ULA a besoin de financements externes pour poursuivre ses activités. Le fait que les parties citées comme acquéreurs potentiels proviennent de secteurs différents indique que l’on attendrait d’un éventuel acquéreur non seulement qu’il apporte des capitaux, mais aussi qu’il prenne des décisions concernant la réutilisabilité et le calendrier technique de Vulcan. La question qui reste ouverte est de savoir si un plan de ressources et de technologies permettant à ULA de conserver son rôle militaire actuel pourra être élaboré dans le cadre d’une nouvelle structure de propriété.

Source: Ars Technica