Une femme de 40 ans non vaccinée est décédée en Pennsylvanie des suites de complications liées à la rougeole. Il s’agit du troisième décès lié à la rougeole évitable par la vaccination enregistré aux États-Unis depuis le début de l’année ; les trois décès sont survenus lors de l’épidémie en Pennsylvanie, qui a touché 37 comtés et fait état de plus de 670 cas et de 124 hospitalisations. Avant ces événements, l’État n’avait signalé aucun décès dû à la rougeole depuis 35 ans.
Dans une déclaration faite le 12 septembre, le service du médecin légiste du comté de Jefferson a indiqué que ce décès constituait une lourde perte pour la famille et que la rougeole pouvait être une maladie grave et potentiellement mortelle. Selon le certificat de décès provisoire, la femme souffrait de plusieurs maladies chroniques, dont une maladie pulmonaire obstructive chronique (KOAH), et avait besoin d’un apport continu en oxygène supplémentaire. La cause du décès a été enregistrée comme une insuffisance respiratoire « attribuée à une rougeole suspectée ». Le cas n’a pas encore été confirmé par des tests ; il a toutefois été rapporté que la femme n’était pas vaccinée, qu’elle avait été en contact avec une personne atteinte de la rougeole et qu’elle présentait des symptômes de la maladie.
Les autorités sanitaires de l’État examinent le cas et n’ont pas encore ajouté le décès aux données officielles de l’épidémie. Les deux décès liés à la rougeole signalés précédemment en Pennsylvanie concernaient des nourrissons du comté de Lancaster. Le premier concernait une fillette de 6 semaines atteinte d’une grave maladie génétique, et le second un garçon nouveau-né qui avait contracté une infection par la rougeole. Il existe un désaccord sur la cause de ce second décès. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies n’incluent pas les décès des deux nourrissons dans les données sur la rougeole ; le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., s’est également opposé à l’affirmation selon laquelle ces décès seraient dus à la rougeole.
Pourquoi c’est important
Le fait que le cas n’ait pas encore été confirmé par un test laisse ouverte la question de la manière dont sera calculée la charge réelle de mortalité de l’épidémie. L’écart entre les signes d’insuffisance respiratoire mentionnés sur le certificat de décès provisoire et la classification officielle des autorités sanitaires montre l’importance du niveau de preuve pour enregistrer la rougeole comme cause directe du décès. Les conséquences graves de l’infection, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques comme la KOAH et ayant besoin d’un apport continu en oxygène, indiquent que les données de l’épidémie ne devraient pas être évaluées uniquement à partir du nombre de cas. Le fait que les décès antérieurs de nourrissons aient eux aussi été interprétés différemment selon les institutions montre pourquoi le bilan officiel du nombre total de victimes en Pennsylvanie n’est pas encore définitif. L’examen médico-légal et l’évaluation des autorités sanitaires de l’État détermineront si le décès sera inclus dans les registres de l’épidémie.