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L’approche peu conventionnelle d’Elon Musk en matière de robotaxis est mise à l’épreuve

Mis à jour: 03/09/2026 · 4 min de lecture · 707 mots

Publié: · Dépêche reçue: · Durée de traitement: 9 h 32 min

L’approche peu conventionnelle d’Elon Musk en matière de robotaxis est mise à l’épreuve
Habitacle d’un véhicule autonome sans volant

Tesla se prépare à mettre en service auprès de passagers, en 2026 à Austin, au Texas, son Cybercab biplace dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs. Elon Musk mise l’avenir de l’entreprise et son package de rémunération d’un montant de mille milliards de dollars sur un système à faible coût reposant uniquement sur des caméras et des réseaux neuronaux alimentés par l’intelligence artificielle, plutôt que sur des capteurs tels que le lidar et le radar utilisés par ses concurrents.

Le Cybercab utilisera une version modifiée du logiciel Full Self-Driving (FSD) de Tesla et sera surveillé par des opérateurs à distance. Le FSD des véhicules Tesla reste, lui, une assistance à la conduite de niveau 2 nécessitant une supervision humaine. Autopilot et FSD ont été associés à des dizaines de décès et à des milliers d’accidents. En l’absence de commandes traditionnelles, aucun humain à bord ne pourra intervenir en cas de défaillance du système ; la responsabilité juridique incombera également à Tesla.

Lors de l’événement « Autonomy Day » organisé en 2019, Musk avait qualifié le recours au lidar d’inutile et de coûteux. Tesla a également supprimé le radar en 2022, malgré les avertissements d’ingénieurs selon lesquels la détection pourrait rencontrer des difficultés sous la pluie et en plein soleil. Les caméras peuvent avoir du mal à fonctionner en cas d’éblouissement, de neige ou de brouillard, tandis que les logiciels estiment la profondeur et la distance. Waymo exploite, de son côté, 4 000 véhicules entièrement autonomes dans jusqu’à 14 villes aux États-Unis, en utilisant des caméras, des radars et des lidars. Dmitri Dolgov, co-CEO de Waymo, soutient que les caméras seules ne suffisent pas pour atteindre un niveau de sécurité supérieur à celui des humains.

Musk affirme que, grâce à l’avantage de la production en série, le Cybercab se généralisera plus rapidement que les véhicules de Waymo et que son prix sera « inférieur à 30 000 $ ». Toutefois, pour que Tesla puisse vendre le véhicule aux particuliers, l’entreprise doit obtenir une exemption aux règles fédérales imposant un volant et des pédales. En Californie, une autorisation du DMV est également nécessaire pour une utilisation entièrement autonome. La prise de contrôle à distance devant constituer la principale solution de sécurité en cas de panne, les véhicules sont équipés d’une connexion Starlink.

Le service exploité par Tesla à Austin depuis juin 2025 compte environ 110 Model Y, tandis que le nombre de véhicules effectuant des trajets payants varie selon les périodes. S’appuyant sur des données portant sur 2 milliards de miles, l’entreprise affirme que le FSD supervisé est impliqué dans 40 à 90 % moins d’accidents que la conduite manuelle. Tesla est toutefois associée à près de 4 000 accidents, soit environ 85 % des signalements du secteur ; des relevés indépendants font état d’environ 65 décès liés à Autopilot ou au FSD entre 2013 et 2025. Alors que la NHTSA examine les déclarations d’accidents de l’entreprise, Tesla n’a pas soumis ses données de sécurité à une vérification indépendante.

Pourquoi est-ce important ?

Cette initiative rend plus visible le choix entre le coût du matériel et la sécurité de la perception dans la généralisation des robotaxis. L’approche de Tesla, qui repose uniquement sur des caméras, met en avant la question de savoir dans quelle mesure on peut se fier aux estimations de distance et de profondeur du logiciel dans des conditions telles que la pluie, les éblouissements, la neige et le brouillard. L’absence de volant et de pédales prive le passager de toute possibilité d’intervention en cas de défaillance, tout en faisant peser la responsabilité sur l’entreprise et les opérateurs à distance. C’est pourquoi le service proposé à Austin concerne non seulement les utilisateurs de Tesla, mais aussi les autorités de régulation et toutes les personnes qui s’intéressent à la sécurité des robotaxis. La principale question en suspens est de savoir si les résultats en matière de sécurité avancés par Tesla peuvent être vérifiés de manière indépendante et si les autorisations actuelles suffiront à permettre l’utilisation commerciale de ces véhicules.

Contexte

Musk n’est pas un nouveau nom dans les archives de FikirPilot : nous avons publié au cours des 90 derniers jours un article dans lequel ce nom apparaissait ; cet article est daté du 30 août 2026.

Source: The Verge