Le 12 septembre 2026, le 18e Sommet des BRICS, organisé à New Delhi, a adopté à l’unanimité la New Delhi Declaration 2026. Lors de la 20e année du groupe, dont le thème était la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité, la présidence pour 2027 est passée à la Chine.
La déclaration constitue un document de consensus dans lequel, au sein des BRICS élargis, la dénonciation commune l’emporte sur l’action commune en raison de la diversité des intérêts. Alors qu’un compromis a été trouvé entre l’Iran et les BAE sur la formulation concernant l’Asie occidentale, l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ainsi que les représailles de l’Iran dans le Golfe n’ont pas été mentionnées ; aucun paragraphe distinct n’a été consacré à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Pour Gaza, l’accent a été mis sur un cessez-le-feu, l’aide humanitaire, la solution à deux États et l’adhésion de la Palestine à l’ONU.
Le texte critique les sanctions et les droits de douane unilatéraux, affirmant qu’ils sont contraires au droit international et à la Charte des Nations unies, et précise que le pouvoir d’imposer des sanctions appartient uniquement au Conseil de sécurité de l’ONU. En revanche, il n’existe ni monnaie commune, ni secrétariat permanent, ni architecture de paiements opérationnelle ; la troïka proposée par Modi reste un mécanisme de suivi.
La Chine et la Russie ont soutenu la demande de l’Inde et du Brésil en faveur d’un rôle accru au Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie n’attend pas une armée commune, mais un rempart politique contre les sanctions et l’utilisation des monnaies locales.
Pourquoi est-ce important
Le véritable sens de la déclaration réside dans le fait qu’elle montre que le BRICS élargi est capable d’établir une base politique commune, mais que cette base reste limitée en termes de capacité de mise en œuvre concrète. Si cette situation fournit un cadre diplomatique commun aux membres qui contestent les politiques occidentales de sanctions et de droits de douane, elle ne signifie pas que la même position pourra être maintenue face aux différentes crises. La manière dont les dossiers de l’Iran, du Golfe, de l’Ukraine et de Gaza ont été abordés révèle notamment que les membres ont évité de détailler certains désaccords afin de préserver leur consensus. Le soutien apporté à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU maintient à l’ordre du jour du BRICS le débat sur le rôle de l’Inde et du Brésil dans les processus décisionnels mondiaux. Cependant, en l’absence de monnaie commune, de secrétariat permanent et de système de paiement opérationnel, la manière dont les messages politiques de la déclaration se transformeront en politique commune reste incertaine.
Contexte
La Russie n’est pas un nom nouveau dans les archives de FikirPilot : au cours des 90 derniers jours, nous avons publié 7 articles dans lesquels ce nom apparaît ; le plus récent date du 9 septembre 2026.