À la suite du recours formé contre le maintien en détention de l’humoriste Deniz Göktaş, le tribunal correctionnel d’Istanbul a ordonné sa remise en liberté. Cependant, conduit devant le 4e juge pénal de paix d’Istanbul par l’intermédiaire de SEGBİS, Göktaş a de nouveau été placé en détention pour « apologie du crime et de son auteur », avant même de pouvoir sortir de prison.
Il a été indiqué que cette nouvelle décision avait été prise en raison d’une plaisanterie de Göktaş concernant les Dalton dans son spectacle intitulé « Ölü Deniz ». Le juge a invoqué le « risque de fuite et de destruction des preuves » pour justifier le placement en détention, tandis que Göktaş a soutenu que ses propos relevaient de la critique humoristique.
Pourquoi est-ce important ?
Cette procédure soulève la question de la manière dont les décisions judiciaires sont appliquées et des différentes étapes de leur mise en œuvre, puisqu’une nouvelle décision de placement en détention a été prise sur la base d’une accusation différente après l’exécution d’une décision de remise en liberté. La question de savoir si une plaisanterie du spectacle de Göktaş doit être considérée comme une critique humoristique ou comme une apologie du crime et de son auteur devient déterminante au regard de la frontière entre la liberté d’expression et le droit pénal. Le fait que la décision s’appuie sur un risque de fuite et de destruction des preuves montre que le maintien en détention est lié non seulement au contenu des propos tenus dans le spectacle, mais aussi à des motifs concernant le déroulement de la procédure judiciaire. Toutefois, la question de savoir comment seront évalués les fondements juridiques de cette nouvelle décision de placement en détention, prise avant sa sortie de prison après la décision de remise en liberté, reste ouverte.