Le modèle Gen 6+ de Fairphone, vendu 650 dollars, a été conçu comme un smartphone modulaire axé sur une utilisation prolongée et une réparation facile. L’objectif de l’entreprise est de permettre aux utilisateurs de « s’approprier pleinement » leur appareil et de faire en sorte que chaque Fairphone soit utilisé pendant au moins cinq ans. Cette approche met également l’accent sur l’absence de minerais issus de zones de conflit, l’utilisation de matériaux recyclés et le versement d’un salaire décent aux employés.
La coque arrière du téléphone s’ouvre après le retrait des vis Torx T5 situées à l’extérieur. Avec le même tournevis, 12 pièces, dont la batterie, les modules photo, le port USB-C et l’écran, peuvent être remplacées par l’utilisateur. Sa conception modulaire rend le téléphone un ou deux millimètres plus épais que ses concurrents collés. Fairphone recommande de remplacer la batterie après environ trois ans ; l’objectif est de prolonger la durée de vie globale de l’appareil plutôt que de permettre un remplacement rapide.
Bien que le Gen 6+ soit principalement composé de plastique, il conserve sa robustesse grâce à son cadre métallique intérieur. L’entreprise lui fait subir des tests spécifiques afin que les opérations de démontage et de remontage ne réduisent pas sa durabilité. Il est rapporté qu’un utilisateur a entièrement démonté son appareil, puis l’a remonté pour le remettre en état de marche, en environ 20 minutes. L’écran OLED de 6,31 pouces, d’une résolution de 1116 x 2484, peut être remplacé ; sa luminosité maximale atteint 1 300 nits. En revanche, l’appareil est seulement certifié IP55, qui offre une protection contre les éclaboussures, au lieu d’une étanchéité IP6X.
Fairphone conserve le logement pour carte microSD et la carte SIM physique, mais ne propose pas de prise casque. L’entreprise indique que ce choix est lié aux exigences en matière d’espace, de coût et de réparabilité. Le Gen 6+ est également équipé de 12 gigaoctets de RAM, d’une puce Snapdragon mise à jour et d’Android 16. Les fonctionnalités d’intelligence artificielle propres à Fairphone ne sont pas encore disponibles, tandis que l’entreprise adopte une approche plus mesurée, attentive à l’utilisation des données et aux questions de confidentialité.
L’appareil bénéficiera de mises à jour logicielles et de pièces détachées jusqu’en 2033. Le Fairphone 3 a atteint la fin de sa durée de vie après son lancement en 2019. Selon l’entreprise, le soutien des fournisseurs crée une limite pratique de sept ou huit ans pour les smartphones.
Les appareils photo utilisent un capteur principal Sony 700C de 50 MP, un capteur ultra grand-angle OmniVision OV13B10 de 13 MP et une caméra frontale de 32 MP. Bien que la qualité d’image soit suffisante, les vitesses de prise de vue et de mise au point automatique peuvent rester faibles. Le Gen 6+ est disponible auprès de Fairphone et d’Amazon ; déverrouillé, il fonctionne avec les réseaux AT&T et T-Mobile.
Pourquoi c’est important
Ce modèle montre que, dans le choix d’un smartphone, les critères ne se limitent pas aux caractéristiques du processeur, de l’appareil photo et de l’écran : la manière dont l’appareil sera préservé pendant toute sa durée d’utilisation peut également entrer en ligne de compte. En particulier pour les utilisateurs qui ne souhaitent pas changer fréquemment de téléphone et veulent renouveler certaines pièces sans dépendre du service après-vente du fabricant en cas de panne, la conception modulaire devra être évaluée en tenant compte de compromis tels qu’un boîtier plus épais et une protection plus limitée contre les éclaboussures. La promesse de mises à jour et de pièces détachées jusqu’en 2033 vise à maintenir le soutien logiciel et les réparations physiques sur la même période ; toutefois, l’information selon laquelle le soutien des fournisseurs constitue une limite pratique de sept ou huit ans pour les smartphones laisse ouverte la question de la faisabilité de cet engagement. Par ailleurs, le fait que l’appareil constitue une alternative aux conceptions assemblées par collage relie directement les débats sur le droit à la réparation et les déchets électroniques aux choix de l’utilisateur final.